Trois variations sur le Christ mort, images de spiritualité

marche-de-l-art, publié le

Sebastiano Ricci (1659-1734) Le Christ soutenu par les Anges Estimation: 200 000 à 300 000 euros

Sebastiano Ricci (1659-1734)
Le Christ soutenu par les Anges
Estimation: 200 000 à 300 000 euros

Si les tableaux anciens retrouvent grâce auprès des collectionneurs, certains thèmes sont délaissés car jugés trop sévères. En dehors d’amateurs passionnés et érudits, les représentations du Christ mort, notamment les déplorations, sont peu recherchées.
Pourtant, dans ces toiles, on retrouve toute la religiosité des siècles passés, la foi profonde de toute une population et de ses artistes qui exprimaient avec ferveur le sacrifice de Jésus sur la croix. Le sacrifice est sublimé, la mort transcendée puisque la résurrection est possible. Cet art est aux antipodes de notre monde matérialiste et consumériste. Il est pourtant d’une beauté intemporelle.
Dans la vente de tableaux anciens organisée par la maison Tajan le 16 décembre prochain, trois toiles illustrent cette spiritualité artistique.

Andrea Meldolla dit Andrea Schiavone (vers 1510/15-1563) a représenté à de nombreuses occasions la lamentation sur le Christ mort. Il s’est inspiré d’une estampe du Parmesan. Dans cette toile, son style qui a influencé le Titien des dernières années, est celui du maniérisme vénitien. Le corps du Christ, comme profondément assoupi, est mince, ses mains longues, fines, presque noueuses. La Vierge, les cheveux dénoués, tient l’une d’entre elles comme pour y poser un dernier baiser. Derrière elle, Marie-Madeleine ajuste son voile. Un ange soutient le Christ qui est recouvert d’un fin périzonium bleu. La touche est virtuose, la lumière vibrante, les visages presque sereins face au drame de la crucifixion.

Andrea Meldolla dit Andrea Schiavone La lamentation sur le Christ mort Estimation: 400 000 à 600 000 euros

Andrea Meldolla dit Andrea Schiavone
La lamentation sur le Christ mort
Estimation: 400 000 à 600 000 euros

Avec Sebastiano Ricci (1659-1734) on change de style mais le message est toujours le même. La mort du Christ n’est que le commencement d’un long chemin. L’atmosphère est moins sépulcrale, plus baroque et il n’y a rien d’étonnant à ce que, pendant longtemps, on ait vu dans ce tableau la main de Giambattista Tiepolo. Trois jeunes anges soutiennent le Christ qui, entre leurs mains, semble déjà sur le chemin de la renaissance. Les tissus satinés, la soierie des étoffes, le corps du Christ aux stigmates peu apparents, son visage alangui donnent une apparence de tranquillité et d’opulence bien loin de l’image cruelle des condamnés, aux visages marqués par la souffrance. Le ciel bleu apporte au tableau une touche d’espoir.

Attribué à Giovanni Antonio Lappoli Le Christ soutenu par Joseph d' Arimathie Estimation: 5 000 à 7 000 euros

Attribué à Giovanni Antonio Lappoli
Le Christ soutenu par Joseph d’ Arimathie
Estimation: 5 000 à 7 000 euros

Le Christ soutenu par Joseph d’Arimathie est de facture plus sévère. Cette œuvre est attribuée à Giovanni Antonio Lappoli (1492-1552). Ce dernier a certainement été influencé par Andrea del Sarto et le Pontormo. Mais il n’a pas l’éblouissante virtuosité de ces deux artistes. Son style est plus rigide et froid et d’une certaine façon plus proche de la réalité de la crucifixion. Le corps du Christ est athlétique, les muscles encore tendus par le martyre. Ses traits sont émaciés. Joseph d’Arimathie, après avoir procédé à sa descente de croix, se prépare certainement à l’inhumer. La pénombre contraste avec la blancheur du périzonium brodé d’un léger fil d’or. L’œuvre est d’une intensité extrême et donne au spectateur le sentiment d’assister à une scème majeure de l’histoire de l’humanité.

Tableaux anciens, Tajan 16 décembre, 37 rue des Mathurins, 75008 Paris. Exposition jusqu’au 16 décembre.

AILLEURS SUR LE WEB

Contenu proposé par Taboola

Commentez cet article

Votre commentaire sera publié directement et modéré a posteriori. En publiant vous acceptez la charte des commentaires

Aucun commentaire

A propos du blog

Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

Voir mon profil

Instagram
  • Porte d'immeuble à Prague avec atlante #prague #praha #praguejetaime #prahailoveyou #pragueiloveyou #ilovepraha #iloveprague #iloveyoupraha #artnouveau #secession #jugendstil #jugendstill #czechart #czecharchitecture

Follow Me!

Abonnez-vous à notre newsletter

Commentaires récents

S'abonner au flux de ce blog

[De quoi s'agit-il?]

Archives

Retour vers le haut de page