Les splendeurs du jade au musée Guimet

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Plat ajouré à motif de dragon Dynasties Liao ou song du Nord, 1ere moitié du XIe siècle Musée national du Palais, Taipei

Plat ajouré à motif de dragon
Dynasties Liao ou Song du Nord, 1ere moitié du XIe siècle
Musée national du Palais, Taipei

C’est à un fascinant voyage que le musée Guimet nous invite. Il nous permet de découvrir une pierre gemme, le jade, de la plus haute antiquité chinoise aux créations des joailliers des années 30.
En Chine, le jade est exploité depuis des millénaires. Cette pierre dure, multiforme a des couleurs très variées allant du blanc crémeux au vert intense en passant par le violet tendre, l’orange ou le bleu.
Dans l’univers codifié de la Chine des empereurs, le jade occupe une place privilégiée. Le souverain, lien entre le monde terrestre et céleste, utilise cette pierre lorsqu’il rend hommage au Ciel et à la Terre. Il se pare alors de tablettes et de ceintures de jade ornées de motifs de montagnes et de constellations.

Coupe en forme de feuille de lotus et à décor de tortue dynastie Song du Sud, Yuan, XIIe-XIVe siècle Musée national du palais, Taipei

Coupe en forme de feuille de lotus et à décor de tortue
dynastie Song du Sud, Yuan, XIIe-XIVe siècle
Musée national du palais, Taipei

Mais c’est essentiellement au XVIIIe siècle à l’époque des empereurs Yongzheng (1723-1735) et surtout Qianlong (1736-1795) que le jade donne lieu à la création d’objets d’un raffinement inouï. Qianlong, fin lettré, fait graver ses poèmes sur des objets en jade. Le jade sert à la réalisation de porte-pinceaux, godets à eau, verseuses, pierres à encre, appuie-bras utilisés par les lettrés… Ces précieux objets s’inspirent de la nature et des paysages et donnent lieu à des créations minérales de prunus, lotus, pins et bambous d’une finesse incroyable.
Les créations plus anciennes des Ming et des Song reprennent des motifs archaïsants de volutes, de mamelons, de grains qui germent. Vases et coupes se couvrent de dragons-tigres et de phénix sur fond de nuages ou de méandres géométriques. A l’époque Qianlong, on retrouve ce goût pour l’archaïque dans les formes, l’empereur appelant à imiter l’antique dans ses formes les plus simples. Parallèlement, les classes aisées, voulant étaler leur richesse, passent commande de pièces de jade faisant preuve d’une grande maestria technique et d’une sophistication rarement atteinte.

Montagne minaiture shanzi: la collecte du jade règne de Qianlong (1736-1795), dynastie Qing (1644-1911) Musée national du palais, Taipei

Montagne miniature shanzi: la collecte du jade
règne de Qianlong (1736-1795), dynastie Qing (1644-1911)
Musée national du palais, Taipei

L’exposition aborde également les liens entre l’Empire du Milieu et l’Europe à travers la collection des gemmes de Louis XIV ou la constitution du musée chinois de l’impératrice Eugénie à Fontainebleau à la suite du sac du Palais d’Eté par les armées française et britannique en 1860. Puis on passe à l’Art déco et aux créations époustouflantes des joailliers parmi lesquels Cartier. Les horloges de jade, néphrite, onyx, émail, diamants et corail rivalisent de somptuosité. Mais la pièce la plus belle est un collier ayant appartenu à la milliardaire américaine Barbara Hutton. Il est composé de vingt-sept boules de jadéite d’une beauté absolue, d’un vert intense et profond. Ce bijou est le clou de cette merveilleuse exposition à la scénographie très réussie.

Collier Cartier, commande de 1934, 27 boules de jadéite, platine, or, diamants et rubis Provenance Barbara Hutton Collection Cartier

Collier Cartier, commande de 1934, 27 boules de jadéite, platine, or, diamants et rubis
Provenance Barbara Hutton
Collection Cartier

« Jade, des empereurs à l’art déco », Musée Guimet, jusqu’au 16 janvier 2017.

Copyright: Musée national du palais, Taipei et Cartier

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