La femme, l’art et les siècles

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Corneille de Lyon (1500/10-1575) Portrait de la duchesse d'Etampes Estimation: 200 000 à 300 000 euros

Corneille de Lyon (1500/10-1575)
Portrait de la duchesse d’Etampes
Estimation: 200 000 à 300 000 euros
Sotheby’s, le 30 mars

La représentation depuis le XVIe siècle de la femme et des jeunes filles en peinture, outre le plaisir de découvrir de séduisantes créatures, est pleine d’enseignement.
Pendant longtemps, il s’agissait surtout d’une image officielle, d’une façon d’attester de son statut social. Les portraits sont souvent un peu guindés, les costumes somptueux, les bijoux fastueux. Seule l‘expression du visage trahit parfois la personnalité et le caractère du modèle.

Jean-Marc Nattier (1685-1766) Portrait d'Eléonore-Louise de Berville Estimation :300 000 à 400 000 euros Artcurial le 23 mars

Jean-Marc Nattier (1685-1766)
Portrait d’Eléonore-Louise de Berville
Estimation :300 000 à 400 000 euros
Artcurial le 23 mars

C’est notamment le cas d’un merveilleux portrait de la collection Bacri qui sera mis en vente le 30 mars prochain chez Sotheby’s. Réalisé par Corneille de Lyon, il représente la duchesse d’Etampes. Suivante de la mère du roi François Ier, Anne de Pisseleu devint vite la favorite du souverain. La belle porte une robe de velours noir brodée de fils d’or, de perles et de pierreries, une coiffe (escoffion) de soie blanche et de précieux colliers. Ses cheveux d’un blond doré, ses yeux doux, ses petites lèvres charnues, son visage diaphane, tout atteste de sa grande beauté. La duchesse connait certainement sa valeur mais ce portrait subtil en donne une image fragile et délicate.

Anton Raphaël Mengs (1728-1779) Portrait de la marquise de Llano Estimation: 60 000 à 80 000 euros Artcurial, le 23 mars

Anton Raphaël Mengs (1728-1779)
Portrait de la marquise de Llano
Estimation: 60 000 à 80 000 euros
Artcurial, le 23 mars

C’est sous le règne de Louis XIV mais plus encore au XVIIIe siècle que l’image de la femme évolue. On trouve encore des portraits de facture académique mais là aussi le visage reflète la personnalité du modèle. C’est ainsi que la jeune marquise de Llano peinte par Anton Raphaël Mengs, bien qu’engoncée dans une robe de cour, le cou corseté par une parure de diamants, une main tenant une rose nous apparait pourtant comme une jeune femme joyeuse aves ses grands yeux sombres et son sourire mutin.

James Tissot (1836-1902) Portrait de Mathilde Sée Estimation: 200 000 à 300 000 euros Artcurial, 23 mars

James Tissot (1836-1902)
Portrait de Mathilde Sée
Estimation: 200 000 à 300 000 euros
Artcurial, 23 mars

A cette époque, les artistes théâtralisent leurs portraits de commande. Un des maîtres en la matière est Jean-Marc Nattier. Pour peindre la très jeune Eléonore de Berville, qui sera proposée par Artcurial le 23 mars, il n’hésite à la représenter en chemise blanche découvrant ses épaules et tirant un lourd rideau moiré. La donzelle garde un visage impassible, sérieux mais ses yeux laissent transparaître toute la fougue de ses tendres années. Que les séances de pose devaient être longues et fastidieuses pour une aussi jolie demoiselle !

Kees Van Dongen (1877-1968) Femme au chapeau, vers 1907-1908 Estimation: 1 500 000 à 2 000 000  euros Sotheby's, le 24 mars

Kees Van Dongen (1877-1968)
Femme au chapeau, vers 1907-1908
Estimation: 1 500 000 à 2 000 000 euros
Sotheby’s, le 24 mars

Au XIXe siècle tout change. Le portrait d’apparat reste un grand classique mais la femme ou la jeune fille sont désormais saisies dans leur intimité et dans leur vie quotidienne. Le portrait de Mathilde Sée par James Tissot en est une éblouissante démonstration. Cette artiste s’était fait connaître comme illustratrice de mode et elle mettait en scène la femme parisienne de la Belle Epoque, active et libérée. On la voit ici dans un intérieur cossu, ses dessins éparpillés sur la table. Elle est rêveuse et pensive. Tout est calme et confortable dans ce pastel qui semble exalter la beauté de la femme nouvelle. Chez Van Dongen, la femme, souvent représentée debout et droite, paraît plus indépendante, plus volontaire. Ses yeux immenses, sa bouche charnue et rouge, sa mise élégante, tout annonce la révolution qui s’annonce avec la Première Guerre Mondiale qui donnera à la femme la possibilité de démontrer qu’elle est bien l’égale de l’homme. Et ce sans rien perdre de son charme!

Federico Zandomeneghi (1841-1917) Femme se coiffant Estimation: 40 000 à 60 000 euros Christie's, le 24 mars

Federico Zandomeneghi (1841-1917)
Femme se coiffant
Estimation: 40 000 à 60 000 euros
Christie’s, le 24 mars

Federico Zandomeneghi la représente dans une scène plus simple, moins sophistiquée. Le tableau qui sera vendu chez Christie’s le 24 mars prochain nous montre une jeune femme se coiffant. Les spectateurs que nous somme lui font office de miroir. Elle est absorbée dans sa toilette et nous ignore. Seul le bon ajustement de son chignon la préoccupe. Et c’est cette concentration qui la rend si séduisante.

Berthe Morisot Julie Manet écoutant, étude pour "Le piano" 1888 Estimation: 60 000 à 80 000 euros Christie's, le 24 mars

Berthe Morisot
Julie Manet écoutant, étude pour « Le piano » 1888
Estimation: 60 000 à 80 000 euros
Christie’s, le 24 mars

Enfin Berthe Morisot saisit sur le vif la jeune et ravissante Julie Manet âgée de dix ans, sérieuse et absorbée, écoutant jouer du piano. On voit deux mains délicates effleurer les touches du piano. Julie est perdue dans ses pensées, emportée par la musique. Elle est loin de nous et pourtant si proche.

Artcurial, vente maîtres anciens et du XIXe siècle, 23 mars
Christie’s, Art impressionniste et moderne, 24 mars
Sotheby’s, Art impressionniste et moderne, 24 mars ; collection Jacques Bacri, 30 mars

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