Ah que j’aime les militaires !

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Baron Gérard (1770-1837) Portrait de Joachim Murat roi de Naples Estimation: 400 000 à 600 000 euros

Baron Gérard (1770-1837)
Portrait de Joachim Murat roi de Naples
Estimation: 400 000 à 600 000 euros

Telle la Grande-Duchesse de Gérolstein, elle aurait pu fredonner l’air célèbre d’Offenbach « Ah ! Que j’aime les militaires, leur uniforme coquet, leur moustache et leur plumet ! Ah que j’aime les militaires ! Leur air vainqueur, leurs manières, en eux, tout me plait ».
Caroline Bonaparte, sœur de Napoléon I était en effet mariée avec l’un des plus braves et des plus flamboyants d’entre : Joachim Murat. Ce beau gosse aux cheveux noirs et bouclés, aux yeux clairs, à la grande taille (1,80m), au corps souple et musclé n’était pas qu’un valeureux guerrier couvert de gloire aux batailles de Marengo d’Austerlitz ou d’Eylau. Roi de Naples, il était également soucieux de moderniser son pays, y apportant le Code civil, soutenant l’industrie et luttant contre le banditisme.
C’était également un homme qui aimait les costumes et les uniformes plein de panache avantageant sa silhouette athlétique. En somme, on aurait pu le qualifier de « fashion victime » avant l’heure. Il aimait se faire portraiturer dans ses uniformes de hussard aux dolmans galonnés d’or et aux culottes collantes et chamarrées. Il portait avec autant de prestance les costumes de cour et posait toujours de façon martiale devant les artistes.

Le 15 juin prochain, Sotheby’s Paris propose ainsi à la vente un de ces portraits d’apparat du beau Joachim réalisé vers 1811-1812 par le Baron Gérard. Il est alors au faîte de sa gloire. Il est debout, drapé d’un manteau de cour bleu doublé d’hermine. Son costume brodé d’or est d’un rouge flamboyant, ses chausses d’une blancheur immaculée. La couronne royale est posée à ses côtés. Le côté officiel du portrait est gommé par le visage du roi à l’expression vivante et sensible. Et puis il y a ses yeux d’un bleu d’azur, ses boucles de cheveux d’un noir de jais et cette bouche charnelle… On comprend mieux pourquoi toutes les femmes se pâmaient d’aise à son passage. Cette magnifique représentation, de grande taille (243 x 163,5cm), est estimé 400 000 à 600 000 euros. Elle aurait toute sa place à Compiègne ou à Fontainebleau.

Elisabeth-Louise Vigée-Lebrun (1755-1842) Portrait de femme dit de la comtesse de la Motte Estimation: 150 000 à 200 000 euros

Elisabeth-Louise Vigée-Lebrun (1755-1842)
Portrait de femme dit de la comtesse de la Motte
Estimation: 150 000 à 200 000 euros

Mais dans cette vente, il y a d’autres portraits superbes. C’est le cas de ce portrait de femme d’Elisabeth-Louis Vigée Le Brun. Il pourrait s’agir de la comtesse de La Motte, cette intrigante qui pour tenter d’approcher Marie-Antoinette se compromit dans l’affaire du collier. La comtesse est bien jolie, les cheveux poudrés ornés de roses. Sa tenue annonce la mode anglaise, moins guindée, plus naturelle, son décolleté plongeant, agrémenté de petites fleurs et d’un fichu de gaze. Elle devrait facilement trouver preneur sur la base d’une estimation de 150 000 à 200 000 euros.

Jacob Ferdinand Voet (1639-1689) Portrait d'homme à la perruque Estimation: 15 000 à 20 000 euros

Jacob Ferdinand Voet (1639-1689)
Portrait d’homme à la perruque
Estimation: 15 000 à 20 000 euros

Jacob Ferdinand Voet est un artiste anversois réputé pour ses portraits où perce la personnalité de ses modèles. Lors d’un voyage en Italie, il est chassé de Rome pour ses représentations de femmes aux décolletés indécents. Il s’installe à Paris trois ans avant sa mort en 1686 et devient peintre de la cour. Il est surtout connu pour avoir portraituré les nièces du cardinal Mazarin. Mais ses représentations de jeunes gens sont parmi les plus belles du XVIIe siècle. C’est le cas du portrait présenté par Sotheby’s. Le jeune homme en tenue d’intérieur porte une grande perruque. On a l’impression qu’il se prépare pour une visite à Versailles. Il regarde son reflet dans une glace et semble douter de son élégance. Il n’y a pourtant rien à reprocher à sa mise. Les œuvres de Voet sont accessibles et ce portrait est estimé 15 000 à 20 000 euros.

Alexander Roslin (1718-1793) Portrait d'élégante (d'une paire) Estimation: 40 000 à 60 000 euros

Alexander Roslin (1718-1793)
Portrait d’élégante (d’une paire)
Estimation: 40 000 à 60 000 euros

Parmi les 248 lots de cette vente, une paire de portraits du suédois Alexander Roslin mérite l’attention. Cet artiste reçu à Paris à l’Académie devint vite l’un des portraitistes favoris de l’aristocratie. L’exposition qui lui fut consacrée au château de Versailles en 2008 l’a fait connaître au grand public. Pour représenter les couples, il réalise deux tableaux, souvent de forme ovale comme ceux proposés par Sotheby’s. Ses modèles sont toujours d’une grande élégance et leur visage serein. Ils semblent parfois figés mais ils ont alors l’apparence de gracieuses porcelaines de Saxe. C’est le cas de cet élégante et de cet élégant attendus entre 40 000 et 60 000 euros.

Alexander Roslin (1718-1793) Portrait d'élégant (d'une paire) Estimation: 40 000 à 50 000 euros

Alexander Roslin (1718-1793)
Portrait d’élégant (d’une paire)
Estimation: 40 000 à 60 000 euros

Tableaux, sculptures et dessins anciens et du XIXe siècle, Sotheby’s Paris, le 15 juin 2017

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